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Références

* Impotens Deus ; BELLIN, Michel

* incroyance

* incroyant, incroyante

* infidèle

* intégrisme

* intelligent design

* L'intolérance catholique ; JOLY, Robert

* Intrusions spiritualistes et impostures intellectuelles en sciences ; DUBESSY, Jean ; LECOINTRE, Guillaume

* L'invention du monothéisme ; SOLER, Jean

* L'Irréductible ; ROCCHI, Jean

* islam

* islamolâtrie

* islamophilie

* L’ISLAMOPHOBIE ; Blanchet-Gravel, Jérôme

* islamophobie


* Impotens Deus
De l'angélisme chrétien à l'homophobie vaticane
BELLIN, Michel
Mots-clés : catholicisme homosexualité
Éditions de l'Harmattan
2008
Une nouvelle édition revue et augmentée

Avant-propos de la nouvelle édition

Fin novembre 2005, une bombe éclate : l’instruction romaine—relue et approuvée par Benoît XVI—interdisant désormais aux candidats homosexuels d’accéder à la prêtrise. Certes, je m’attendais à cette mesure, ayant été alerté depuis l’été par un correspondant italien. Il n’empêche, bien qu’athée, je suis scandalisé et meurtri : est-il encore concevable de faire l’amalgame entre homos et pédophiles ? De diaboliser et d’exclure en toute bonne conscience ? Imagine-t-on Jésus de Nazareth excluant les pédés du Royaume de son Père, lui qui avait un faible pour les marginaux de tous poils et de tout pedigree ! S’il s’agissait d’une toute autre institution que le Vatican, on aurait crié au scandale, on aurait pétitionné, on aurait saisi la Cour européenne des Droits de l’Homme... Or, à part les instances gay légitimement blessées et révoltées, peu de remous suscités par cette mesure inique. Sans doute d’autres croisades planétaires plus urgentes... Je suis si outré que je décide de publier un recueil de textes dans lesquels, rageant ou m’esclaffant, je dénoncerai l’angélisme et l’homophobie catholiques. Le titre de mon opus est tout trouvé : IMPOTENS DEUS. Le latin sonne sec et fort, comme un coup de grisou ou une gifle cinglante à cet ectoplasme inoffensif qu’ils dénomment DIEU—je l’appelle désormais Pouet Pouet—et que j’entends dégonfler comme un condom percé ! Certes, contre un délire collectif, une hypothèse vaseuse, nous ne pouvons rien. Mais contre ses représentants autoproclamés, contre les sbires enjuponnés de l’Eglise—et de toutes les religions globalement contemptrices du corps et sauvagement homophobes—nous pouvons, nous devons combattre. C’est ce que je fais aujourd’hui : contre les maux conjugués de la superstition, de l’intolérance et de l’exclusion, je ferraille à mots nus... et, comme souvent dans mon œuvre, à mes risques et périls.

Encore deux précisions. Par rapport à la première publication à l’automne 2006 par les éphémères Editions ALNA atlantique, la présente version a été habillée de neuf, entièrement revue, lestée de sept nouveaux textes. L’auteur considère cette version comme exhaustive, définitive, enfin idéale. D’autre part, puisque avec cet ouvrage la boucle est bouclée, il laisse à nouveau douze ans plus tard le mot de la fin au cher Jacques Gaillot, non dans un sursaut d’obédience, ni même pour désencombrer l’ego in extremis, simplement pour rendre un hommage fraternel au prophète évincé : la voix de l’homme est restée douce et le regard toujours aussi clair.

Michel Bellin, Le 29 juin 2008, en la Fête de St Pierre et St Paul

Critiques de la première édition, parue en 2006

D'autres informations



* incroyance (n.f.)

Dans une société où les religions prédominantes sont toutes théistes ou déistes, les termes athéisme et incroyance sont à peu près synonymiques. (Il peut y avoir des gens sans croyance en dieu(x) qui ont toutefois des croyances surnaturelles, mais leur nombre n'est pas important.)


* incroyant, incroyante (adj. et n.)

Tout incroyant est athée. Dans une société où les religions prédominantes sont toutes théistes ou déistes, les termes athée et incroyant sont à peu près synonymiques. (Il peut y avoir des gens sans croyance en dieu(x) qui auraient toutefois des croyances surnaturelles—relatives aux ovnis par exemple— mais leur nombre n'est pas important.)


* infidèle (n. et adj.)


* intégrisme (n.m.)

Livres pertinents :

L’ISLAMOPHOBIE -- Blanchet-Gravel, Jérôme

Petite critique de la déraison religieuse -- LEVER, Yves

La revanche de Dieu -- KEPEL, Gilles

Articles pertinents :

Existe-t-il un intégrisme laïque ?


* intelligent design (expression anglaise)

L'« intelligent design », tendance assez forte aux États-Unis, est essentiellement le créationnisme (anti-évolutionnisme) déguisé en tenue scientifique -- c'est-à-dire, pseudoscientifique. L'agent intelligent, ce n'est que le dieu du théisme ou du déisme.

Voir aussi créationnisme.


* L'intolérance catholique
JOLY, Robert
Mots-clés : catholicisme histoire
Éditions Espace de Libertés, Campus de la Plaine, C.P. 236, Boulevard du Triomphe, 1050 Bruxelles, Belgique
1995
115 Pages

L'Église n'est pas le porte-drapeau de la tolérance

Ce livre est une synthèse. Robert Joly s'attache moins à l'accumulation des faits qu'à la doctrine elle-même, intolérante dans ses fondements.

L'auteur démontre que, loin d'être le porte-drapeau de la tolérance comme elle le prétend parfois, l'Église catholique est au contraire portée depuis ses origines à l'intolérance la plus violente et la plus aveugle. D'ailleurs, elle ne s'est « convertie » que très tardivement (Vatican II, 1965) à la tolérance... et encore est-ce de façon très imparfaite, la réclamant pour soi et la refusant souvent aux autres (surtout aux incroyants).

Il s'agit d'un ouvrage historique, extrêmement bien documenté, ce qui n'empêche pas l'auteur de faire preuve d'une certaine franchise : « La Bible juive, c'est-à-dire, après quelques additions, l'Ancien Testament des chrétiens, est un monument d'intolérance. La conquête de la Terre promise est une guerre sainte, un gigantesque étripage pour la plus grande gloire de Dieu ». (p. 21)

En conclusion, cette étude réjouira les amateurs d'histoire, ainsi que les athées en quête d'arguments pour expliquer leur point de vue à certains de nos contemporains. On y trouve en outre :

Néanmoins, l'étude est limitée au cas de l'Église catholique ; les autres confessions ne sontabordées qu'à titre d'exemple ou de comparaison.

L'auteur est docteur en philologie classique, professeur honoraire aux universités de Mons et de Bruxelles. Il a enseigné notamment le Nouveau Testament et la patristique à l'Institut d'étude des Religions et de la Laïcité (IERL) de l'ULB (Bruxelles). Il a publié un certain nombre d'ouvrages concernant la philosophie grecque, la médecine hippocratique, le IIe siècle chrétien, la laïcité et l'actualité religieuse.

Une citation :

«  La tolérance, c'est le respect des personnes en tant que porteuses de croyances, de convictions et de l'engagement qui en découle. Elle doit être la plus large possible : il n'y a guère, pensons-nous, que l'intolérance pratique, c'est-à-dire la violence contre des personnes, qui ne puisse être tolérée.
Mais la tolérance ne peut exiger, en plus du respect des personnes, le respect des idées des personnes. Si l'on devait respecter toutes les idées ou seulement celles qui sont considérées comme sacrées par leurs promoteurs, tout engagement deviendrait impossible.  »

(p. 84)



* Intrusions spiritualistes et impostures intellectuelles en sciences
DUBESSY, Jean ; LECOINTRE, Guillaume
Mots-clés : paranormal pseudoscience science
Éditions Syllepse
2002
400 pages

« Depuis plusieurs années, on constate que les sciences suscitent une tenace convoitise de la part de mouvements qu'on peut qualifier du terme générique de « spiritualistes ». Notre environnement culturel est en grande partie technoscientifique; il leur faut donc investir cet espace pour diffuser encore et toujours des thèses pourtant éculées : l'existence d'un Plan cosmique ou divin, l'ordonnancement du monde par une intelligence transcendante, la fin du darwinisme, le principe anthropique fort...
Ces mouvements, aux contours très divers, présentent néanmoins une véritable unité de visée et de pensée, quand il s'agit pour eux de « montrer » que la science la plus en pointe rejoint les intuitions fondatrices des religions instituées ou des spiritualités moins organisées. Ainsi, foi et science deviendraient les deux faces indissociables de la « connaissance ». Beaucoup considèrent avec condescendance ces errements, ce qui leur évite de s'interroger avec force sur les symptômes d'une société qui voit se déliter les idées des Lumières, certainement améliorables mais en tout état de cause, d'une inestimable pertinence pour un projet de connaissance universelle. D'autres pensent qu'il est vraiment temps d'agir. C'est la raison d'être de cet ouvrage, issu du colloque organisé au Muséum national d'histoire naturelle par Jean Dubessy et Guillaume Lecointre, et préfacé par Jacques Bouveresse.
Rassemblant une quinzaine de contributions, ce livre combat une pensée qui, sous prétexte de « ré-enchanter le monde », n'a d'autre but que de subordonner la connaissance objective de ce monde à son projet irrationaliste, en la faisant ployer sous le fardeau de l'ineptie et de l'imposture intellectuelle. »

De la publicité de l'éditeur



* L'invention du monothéisme
Aux origines du Dieu unique, Tome 1
SOLER, Jean
Mots-clés : histoire judaïsme
Éditions de Fallois, Hachette Littératures
2002



* L'Irréductible
Giordano Bruno face à l'Inquisition
ROCCHI, Jean
Mots-clés : catholicisme histoire
Éditions Syllepse
2004

« À une époque marquée par le retour des fanatismes religieux, Jean Rocchi a voulu faire resurgir les idées de Giordano Bruno, que ce dernier ne renia jamais, irréductible face à l'Inquisition. Ce livre met notamment en scène les attaques acharnées d'un clergé sans pitié, qui condamna un homme au moins autant pour l'hétérodoxie de sa pensée que pour sa persévérance à vouloir la défendre. En 1600, l'Église catholique le fait brûler vif. »

Note de l'éditeur

« De la nécessité " mécréantielle " de défendre un hérétique, ou comment Jean Rocchi par la voix calcinée de Giordano Bruno, nous donne à penser la permanence du combat contre l'obscurantisme religieux »

Titre de l'avant-propos par Marc Silberstein



* islam (n.m.)

Fondée au VIIe siècle en Arabie par Mahomet, cette religion à ses débuts s'est fortement inspirée du judaïsme et du christianisme, qu'enviait Mahomet, et comporte aussi des éléments païens. L'islam s'est répandu rapidement par la guerre et par la conquête.

Livres pertinents :

Bas les voiles ! -- DJAVANN, Chahdortt

Blasphémateur ! -- AL-HUSSEINI, Waleed

L’ISLAMOPHOBIE -- Blanchet-Gravel, Jérôme

Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes -- CHARB (Stéphane CHARBONNIER)

Ma vie à contre-Coran -- BENHABIB, Djemila

Pourquoi je ne suis pas musulman -- WARRAQ, Ibn

QUI EST DIEU ? -- SOLER, Jean

Les soldats d'Allah à l'assaut de l'Occident -- BENHABIB, Djemila

Une trahison française -- AL-HUSSEINI, Waleed

La violence monothéiste -- SOLER, Jean

Articles pertinents :

Respect des croyances ?

Le libéralisme face à l’homophobie islamofasciste

Dieu a-t-il inventé l'homme ou l'homme a-t-il inventé Dieu ?

Liens pertinents :


* islamolâtrie (n.f.)

Accorder un traitement préférentiel à une religion, l'islam, en l'absolvant de toute critique.

Synonyme approximatif : islamophilie


* islamophilie (n.f.)

La pratique qui consiste à refuser de critiquer, ou à censurer la critique de, l'islam ou de ses variantes telles que l'islamisme, lorsque cette habitude ne s'applique qu'à l'islam sans s'appliquer aux autres religions telles que le christianisme ou l'hindouisme ou toute autre. L'islamophilie implique donc un traitement de faveur accordé à une religion particulière, l'islam, comme si celui-ci était immunisé contre toute critique.

C'est-à-dire, accorder un traitement préférentiel à une religion, l'islam, en l'absolvant de toute critique.

Synonyme approximatif : islamolâtrie


* L’ISLAMOPHOBIE
Blanchet-Gravel, Jérôme
Mots-clés : intégrisme islam
Éditions Dialogue Nord-Sud
2016
Avec la collaboration d’Éric Debroise. Préface de Waleed Al-husseini.

Quelques extraits

« Ainsi, pointer la responsabilité de l’islam — comme celle du christianisme ou du judaïsme — dans le recul des droits des femmes ou des homosexuels est considéré parc certains anti-racistes auto-proclamés comme de l’“islamophobie”. S’interroger sur le voile islamique et débattre de son introduction dans les écoles de la République française serait tout autant “islamophobe”. Certains partisans du différentialisme, qui font partie du paysage médiatique nous considèrent, nous les Arabes, comme des citoyens à part, obligés de subir l’oppression de prédicateurs islamistes. Ils oublient volontairement l’histoire française, faite de bras-de-der avec le Vatican, pour s’émanciper du catholicisme avec la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905. Pour les différentialistes, l’islam est politique, ou n’est pas.
Je parle d’“anti-racisme auto-proclamé”, car ce sont eux les racistes. Ce sont ces hommes et femmes, pleins de bonne conscience, qui veulent voir les musulmans évoluer dans un monde à part, avec des lois d’exception. L’universalisme de la France et sa laïcité permettent l’égalité en droits et en devoirs de tous les citoyens. Il reste bien évidemment des progrès à faire en matière de lutte antiraciste sur le plan de l’accès au logement et à l’emploi, et dans des consciences collectives où certains préjugés demeurent. Ces progrès ne se réaliseront pas en assignant les Arabes à leur religion présumée, en faisant de l’islam un dogme incritiquable, et en traitant d’“islamophobes” les vrais antiracistes. »

— Waleed Al-husseini
Préface, pages 5-6

« [...] si l’islamophobie camoufle bel et bien du racisme chez certaines personnes, par ailleurs la notion est devenue un instrument politique au service d’organisations islamistes visant la destruction des démocraties occidentales. Lorsque la notion d’islamophobie ne sert pas à censurer toute critique de l’islam en rétablissant le délit de blasphème, elle sert à empêcher toute réforme ou toute modernisation de cette religion. [...] les islamistes se servent habilement de ce concept pour compromettre l’intégration des personnes de culture musulmane dans les pays occidentaux. Réimplanter le tribalisme alors que les démocraties l’avaient neutralisé, c’est l’un des objectifs premiers de ces théocrates. »

— Jérôme Blanchet-Gravel
Avant-propos, page 10

« En usant de ces confusions entre racisme et liberté d’expression et en essentialisant les populations dites musulmanes, le but des zélateurs du concept d’islamophobie n’est pas uniquement de lever contre une majorité non-musulmane les minorités concernées. Leur objectif est aussi d’interdire tout ralliement à l’ordre de la République, à ses valeurs d’emancipation universelle et à son socle laïque tout en produisant la société multiculturaliste dont ils rêvent. »

— Isabelle Kersimon
« Islamophobie : l’antiracisme infiltré par l’islam politique », page 36

« Nous pensons que la réforme de l’islam représente un enjeu majeur, à la fois, pour un milliard de musulmans et pour le monde occidental. L’islamisme comme idéologie politique fascisante menace, à l’instar de toutes les idéologies totalitaires que l’Occident aura connues au vingtième siècle, les fondements des systèmes démocratiques. Et ce n’est pas parce que cette idéologie se réclame d’une grande tradition religieuse que cela devient plus tolérable.
[...] La notion d’islamophobie existe dans le seul but de restreindre la liberté d’expression et faire peur à ceux qui défendent la laïcité et osent se prononcer contre les accommodements religieux. Les adeptes de la victimisation de l’islamophobie ont multiplié les interventions en Occident (y compris au Québec) et même au sein de l’ONU pour que des lois et des résolutions interdisant le blasphème et le discours haineux envers les religions soient approuvées.
Les institutions publiques au Québec sont tombées dans le piège. L’islamophobie est utilisée dans les documents officiels publiés par le Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion pour justifier le taux de chômage élevé chez les Maghrébins. La Ville de Montréal l’utilise également. Dans son rapport, La Commission Bouchard-Taylor évoque également l’islamophobie tout en se gardant de la mentionner dans le glossaire. »

— Hassan Jamali
« Islamophobie : une arme pour contrer toute réforme de l’islam », pages 82-83

« Quelle réponse au chantage de l’islamophobie ?
Nous avons vu qu’aucune réforme profonde de l’islam n’est possible dans les pays musulmans à cause de la mainmise des religieux sur le pouvoir politique. La vraie bataille se déroule donc en Occident. Deux camps s’affrontent : du côté sunnite, les islamistes sont appuyés et financés par l’Arabie saoudite et le Qatar et du côté chiite, ils sont supportés pour l’Iran et le Hezbollah libanais.
Le but des islamistes est d’isoler les musulmans, les empêcher de s’intégrer aux valeurs démocratiques et laïques et de se servir d’eux pour contrer toute critique de l’islam. L’islamophobie est le slogan par excellence qui sert à intimider tous ceux qui critiquent le dogme islamique pour enfermer les musulmans — et en particulier les femmes musulmanes chargées seules à signaler la présence de l’islam dans l’espace public — dans un esprit communautariste faisant fuir la société d’accueil.
La réponse n’est pas simple dans le royaume de la rectitude politique et des accommodements à caractère religieux. Mais en refusant la notion d’islamophobie et en insistant sur la liberté d’expression ainsi que sur la laïcité de l’État, on confirme notre refus de toute intimidation et on continue la lutte contre ce fascisme renouvelé qu’est l’islamisme. »

— Hassan Jamali
« Islamophobie : une arme pour contrer toute réforme de l’islam », pages 83-84

« Bien que trois fois moins nombreux que les musulmans, les Juifs au Canada ont 13 fois plus de risque d’être victimes d’un crime haineux qu’un musulman. Quant aux catholiques, ils courent presque autant de risque d’être victimes d’un crime haineux qui les musulmans, malgré qu’ils représentent une population 13 fois plus grande que la population musulmane au Canada. »

— Éric Y. Debroise
page 98, « Islamophobie : de la sémantique aux statistiques canadiennes »

« Force est de constater que l’islamophobie vampirise le débat sur le racisme et les discriminations au point d’occulter toutes les autres minorités. »

— Éric Y. Debroise
page 104-105, « Islamophobie : de la sémantique aux statistiques canadiennes »

« Persuadés que l’Occident ne peut être que fondamentalement raciste et intolérant, les adeptes de cette vision étroite de l’histoire créent d’abord une équivalence entre racisme et islamophobie, ensuite entre antisémitisme et islamophobie — équivalence qui s’accompagne généralement de la dénonciation obsessionnelle d’une extrême droite à laquelle souscrirait silencieusement la « majorité silencieuse de souche ». Nous verrons également que ce fantasme d’un Occident éternellement fasciste comporte une certaine affinité avec les théories du complet. En conclusion, nous constaterons que le concept de l’islamophobie est un outil de falsification de l’histoire destiné à nier l’émergence d’un tout autre fascisme : l’islamisme. »

— Jérôme Blanchet-Gravel
p.108-109, « L’islamophobie et l’angoisse de la Shoah »

« [...] ce sont les défenseurs du concept d’islamophobie qui enferment les personnes qu’elles disent protéger dans leur appartenance ethnique. De ne pas reconnaître que certains individus puissent faire la différence entre l’origine ethnique des musulmans et la pratique de leur religion contribue justement à l’entretien de cet amalgame entre race et religion. De même, de ne pas reconnaître que les adeptes de l’islam puissent être critiqués indépendamment de leur ascendance généalogique mène à croire que l’origine ethnique des immigrants constitue la principale, sinon la seule préoccupation en Occident. »

— Jérôme Blanchet-Gravel
p.112-113, « L’islamophobie et l’angoisse de la Shoah »

« En refusant d’admettre que les sociétés occidentales se sont fortement éloignées de darwinisme social qui a tristement marqué le XIXe et le XXe siècle, on perpétue le mythe d’un Occident raciste par essence, incapable de toute évolution et tourné vers le passé, et ce, alors que l’histoire est faite de rebondissements et que l’islamophobie ne peut être considérée comme la suite logique de l’antisémitisme. »

— Jérôme Blanchet-Gravel
p.119, « L’islamophobie et l’angoisse de la Shoah »

« [...] la politique étrangère des pays occidentaux ne peut aucunement être réduite à cette simpliste lubie antimusulmane qui ferait sans doute rigoler bien des ambassadeurs. Comment expliquer, alors, l’appui honteux de nos démocraties à des théocraties fanatisées comme l’Arabie saoudite ? D’autre part, sans le libéralisme économique dénoncé plus haut par Mouaud Idir, l’immigration musulmane serait beaucoup moins importante sur le plan démographique et socialement beaucoup moins valorisée, car la mondialisation encourage les flux migratoires et les phénomènes d’interpénétration civilisationnelle. »

— Jérôme Blanchet-Gravel
p.123, « L’islamophobie et l’angoisse de la Shoah »

« Les promoteurs du concept d’islamophobie tentent de falsifier l’histoire — autrement dit, de donner à l’époque actuelle une signification qu’elle n’a pas. En véhiculant l’idée d’une répétition imminente de la Shoah, les auteurs que nous avons analysés tentent de nous convaincre que la critique de la religion musulmane relève du racisme. Il s’agit de présenter l’histoire comme un scénario qui se répète infiniment, comme une indépassable succession de crimes commis par des Occidentaux à l’encontre de minorités culturelles et religieuses. Plus encore, il s’agit de prophétiser ce qui n’adviendra pas en camouflant une réalité beaucoup plus troublante : celle d’une attaque sans précedent de l’Occident par des réseaux islamistes qui s’y sont installés grâce à l’immigration et à l’aveuglement des pouvoirs publics.
Il est intéressant d’observer à quel point les promoteurs du concept d’islamophobie occultent la montée d’un fascisme beaucoup plus manifeste : l’islamisme. Effectivement, partout dans le monde, la montée en puissance des groupes islamistes — affiliés ou non à l’État islamique — devrait inquiéter davantage ses chercheurs qui font du fascisme une véritable obsession. La réalité d’un islamofascisme est si criante actuellement qui nous pouvons nous demander comment cette sociologie productrice d’ignorance parvient à faire autant d’adeptes.
D’ailleurs, la convergence entre l’islamisme et le fascisme est évidente, et a été amplement documentée dans les dernières années. Parmi les points communs de ces deux idéologies, nous pouvons notemment compter une ambition théocratique, l’antisémitisme, le culte de la virilité et de la force physique, l’impérialisme, une volonté de « purification » de la société, l’élimination systématique des indésirables, la subordination des individus à l’État et l’instauration d’un ordre jugé conforme à un principe supérieur comme Dieu ou la nation. »

— Jérôme Blanchet-Gravel
p.124-125, « L’islamophobie et l’angoisse de la Shoah »

« [...] les convergences existantes entre les stratégies discursives des intégristes chrétiens et musulmans lorsqu’il s’agit de dénoncer ceux qui les critiquent ou blasphèment. Dans les deux cas, des leaders communautaires ont compris l’intérêt de passer d’une posture offensive et dominante (l’inquisition anti-blasphème) à la posture victimaire et antiraciste : dénoncer ces adversaires comme « christianophobes » ou « islamophobes ». »

— Caroline Fourest et Fiammetta Venner
p. 127, « La sonorité intégriste du terme islamophobie »

« Or, la religion n’est pas une caractéristique intrinsèque, contrairement à la couleur ou au sexe. »

— Annie-Ève Collin
p. 145-146, « Pour le respect des personnes et la libre critique des croyances »

« On peut convaincre quelqu’un de changer de croyances (du moins tenter de le faire) en lui présentant de nouvelles preuves. Cela n’est pas de l’intolérance, encore moins du racisme. Qui prétendrait que suggérer un article sur l’inefficacité de l’homéopathie à une personne qui y a recours est de l’intolérance ou du racisme ? [...] pourquoi chercher à convaincre des musulmans qu’il y a des failles dans leur religion serait-il de l’intolérance, du racisme ou de l’islamophobie ? Il en va de même pour n’importe quelle religion. »

— Annie-Ève Collin
p. 146, « Pour le respect des personnes et la libre critique des croyances »

« Il y aurait d’ailleurs quelque chose de profondément absurde dans le fait de m’accuser de discrimination parce que je dénonce des croyances selon lesquelles je suis inférieure à cause ce mon sexe : pour ne pas faire de discrimination, je devrais tolérer qu’on en fasse à mon endroit ? »

— Annie-Ève Collin
p. 149, « Pour le respect des personnes et la libre critique des croyances »

« Ceux qui prétendent que l’on s’en prend AUX musulmans en s’opposant au voile font justement preuve de racisme inversé, en associant tous les musulmans à une pratique traditionnelle qu’ils n’endossent pas tous. Ils stéréotypent les musulmans. »

— Annie-Ève Collin
p. 157, « Pour le respect des personnes et la libre critique des croyances »

« On ne gagne pas à assimiler la critique des croyances au rejet des personnes. L’usage du terme islamophobie pour intimider ceux et celles qui exercent leur droit de critiquer des croyances doit être dénoncé. »

— Annie-Ève Collin
p. 157, « Pour le respect des personnes et la libre critique des croyances »

« [...] l’accusation d’islamophobie, et sa supposée instrumentalisation pour construire de toutes pièces un « choc des civilisations », est une croyance comme une autre. »

— Renart Léveillé
p. 159, « L’islamophobie : entre superstition et réalité »

« Si les croyances religieuses se situent au niveau le plus élevé du spectre des croyances, la notion d’islamophobie s’y rattache aussi, bien que dans une zone plus subtile. Car si cette notion ne relève pas exactement de la superstition et des croyances surnaturelles, nous verrons qu’elle relève au minimum de l’idéologie et de la déformation de la réalité. »

— Renart Léveillé
p. 159-160, « L’islamophobie : entre superstition et réalité »

« Dans cette perspective, le biais cognitif présent dans cette accusation consiste à croire que la critique de l’islam-isme n’est qu’une manifestation indirecte et plus policée de la haine des musulmans. Par exemple, ce biais est tellement répandu qu’il est devenu tout à fait normal de percevoir dans des gestes haineux commis contre des personnes musulmanes une conséquence directe du débat sur la laïcité et la sécularisation. Certains mettront ainsi sur un pied d’égalité ces faits et gestes déplorables présentés à la télévision, et les critiques légitimes des intellectuels et des associations laïques opposées à l’islamisme. Il faut toutefois préciser que les partisans de la « laïcité ouverte » — une vision plus anglo-saxonne de la laïcité — se sont accaparés la position vertueuse dans de débat en diabolisant les partisans d’une laïcité (sans adjectif) plus républicaine, et ce, avec l’aide de l’accusation d’islamophobie. Et c’est pourquoi il faut décontruire le concept. »

— Renart Léveillé
p. 161, « L’islamophobie : entre superstition et réalité »

« [...] objectivement, il est tout à fait utile d’utiliser ce terme pour qualifier des propos et des gestes haineux envers les musulmans, donc les préjugés hostiles envers les musulmans, et par extension, envers l’islam. Mais là où le bât blasse, c’est quand la notion d’« islamophobie » est utilisée pour qualifier justement ce qui ne relève aucunement des préjugés ni de l’hostilité. C’est là où entre en jeu la croyance ; cette croyance qui tente d’expliquer trop simplement la complexité des enjeux sociaux que soulève la religion dans le contexte de la mondialisation. »

— Renart Léveillé
p. 162, « L’islamophobie : entre superstition et réalité »

« Un néologisme comme antimusulman s’inscrit dans la même logique que le terme antisémite : il pourrait alors très bien remplacer le terme islamophobie. Mais ce dernier terme est plus utile pour ceux et celles qui veulent empêcher toute remie en cause de l’islam-isme. [...] Puisque le but du concept d’islamophobie est aussi de culpabiliser l’Occident — les élites et les citoyens natifs, non issus de l’immigration récente —, le préfixe « islam » est parfait. Il sert à la fois à pointer la religion d’origine étrangère ainsi que l’Autre victime de « phobie ». »

— Renart Léveillé
p. 163-164, « L’islamophobie : entre superstition et réalité »

« Tout citoyen a le droit d’avoir rationnellement peur de la religion musulmane et d’expliquer ouvertement pourquoi. Conséquemment, l’accusation d’islamophobie agit exactement là où la limite légale concernant les propos haineux n’est pas outrepassée. »

— Renart Léveillé
p. 165, « L’islamophobie : entre superstition et réalité »

« Autrement formulé, la simple réalité de l’abondance de commentaires négatifs envers l’islam, les musulmans ou l’islamisme, tient lieu de preuve — qu’ils relèvent de préjugés ou d’analyses rationnelles. Il faut sortir de la logique de l’islamophobie pour comprendre que la grande quantité de réactions négatives n’est pas garante de la qualité de chaque réaction et du lien qu’il y a entre elles. »

— Renart Léveillé
p. 166, « L’islamophobie : entre superstition et réalité »

« [...] l’utilisation de la notion d’« islamophobie » devrait être idéalement bannie du vocabulaire [... et] considérée comme une imposture intellectuelle. [...] L’utilisation du concept d’islamophobie est l’arme du relativisme culturel qui place de force dans la catégorie du sacré et d’intouchable ce qui devrait pouvoir être discuté et analysé, soit les problématiques liées à la diversité culturelle et religieuse dans les pays occidentaux. Surtout, il faut qu’un jour l’islamophobie devienne un mauvais souvenir du passé. Et cela, pour que ne soit plus permis qu’un écrivain et journaliste de culture arabo-musulmane comme l’Algérien Kamel Daoud (Prix Goncourt 2015 ...) en soit réduit à quitter le journalisme sous la pression. Cette pression qui est celle d’une fatwa demandant son exécution, celle de l’accusation d’islamophobie exigeant son silence ou sa rétractation dans les rangs de la bien pensance. »

— Renart Léveillé
p. 167, « L’islamophobie : entre superstition et réalité »

« L’accusation d’islamophobie a pour vocation immédiate de culpabiliser et de museler celles et ceux qui dénoncent et incriminent les manifestations contemporaines du fondamentalisme musulman ou le dogme islamique en tant que tel, et de désigner comme des racistes les défenseurs d’une laïcité dépeinte comme un particularisme sectaire, ethnocentrique et colonial qui viserait à humilier les musulmans dans leur foi. »

— Alban Ketelbuters
p. 170, « Le mythe de l’islamophobie »

« Le 8 mars 1979, les femmes iraniennes descendaient massivement dans les rues de Téhéran afin de s’opposer au port obligatoire du voile islamique. [...] Le 16 mai 2014, une autre manifestation a eu lieu. Trente-cinq ans plus tard, nombre de femmes iraniennes descendaient à leur tour dans les rues de Téhéran pour réclamer davantage de sévérité contre celles qui ne respectaient pas le port du voile, les « mal voilées ». Les femmes, scrupuleusement séparées des hommes, portaient toutes sans exception un tchador aussi noir qui le pétrole. La Révolution islamique avait fait son œuvre. Cette comparaison, aujourd’hui, serait allègrement taxée d’islamophobe. »

— Alban Ketelbuters
p. 170, « Le mythe de l’islamophobie »

« [...] le concept fourre-tout d’« islamophobie » vise d’abord à restreindre la liberté de parole s’agissant des conflits relatifs à la religion musulmane et à l’islamisme. »

— Alban Ketelbuters
p. 171, « Le mythe de l’islamophobie »

« [...] l’accusation d’« islamophobie » n’est que la réhabilitation insidieuse du délit de blasphème. Les conséquences politiques épouvantables à l’échelle du globe des prescriptions coraniques devraient être tues. La dénonciation de l’islamisme participerait d’une critique des lectures fondamentalistes du Coran, toute opinion ne relevant ni de l’éloge ni de l’indifférence serait une insulte faite au Dieu des musulmans, et insulter le Dieu des muslmans constituerait une incitation à la haine raciale.
Le concept d’islamophobie abolit toute frontière distinguant la foi religieuse de l’appartenance ethnique, le fait d’être musulman et celui d’être d’origine arabe. Or on ne naît pas musulman, on le devient. C’est la raison pour laquelle ce combat contre l’islamophobie n’a aucune portée légitime au sein du mouvement antiraciste. Dénoncer les versets coraniques qui méritent de l’être ou désigner la radicalisation vestimentaire qui sévit au nom de l’islam dans de nombreux territoires supposément démocratiques diffère totalement de l’insulte raciste fondée sur la couleur de la peau. Le concept d’islamophobie tend, au contraire, à confondre ces deux attitudes et à placer sur le même plan le racisme et le souci de la laïcité, c’est-à-dire la frontière qui démarque le politique du religieux, le profane du sacré et, d’une manière plus générale, le public du privé. Par voie de conséquence, le concept d’islamophobie est une remise en cause frontale du principe de laïcité. »

— Alban Ketelbuters
p. 172, « Le mythe de l’islamophobie »

« [...] cela fait de nombreuses années que les associations LGBT — qui aspirent à davantage d’égalité, se battent a priori contre l’obscurantisme et se réclament en général du féminisme — ne disent pas un mot sur l’intégrisme musulman. Pourquoi cette fulgurante expansion du fondamentalisme islamique dans les sociétés démocratiques provoque-t-elle un tel silence ? Quel message d’amitié de d’espoir ces associations adressent-elles aux homosexuel-le-s français-e-s issu-e-s de l’immigration maghrébine et africaine, à tous les homosexuels de culture ou de confession musulmane vivant en démocratie ? Se sont-elles senties contraintes de faire silence au nom de la vertueuse lutte contre l’islamophobie ? »

— Alban Ketelbuters
p. 174, « Le mythe de l’islamophobie »

« [...] cette rhétorique contre « l’islamophobie » [...] — une entreprise sectaire et réactionnaire [...] »

— Alban Ketelbuters
p. 175, « Le mythe de l’islamophobie »

« Dans le contexte actuel, les associations, leurs représentants et leurs militants ne peuvent pourtant plus se contenter de vilipender l’intégrisme catholique, et afficher un tel silence face à la montée en puissance à l’échelle du globe d’un islam totalitaire. »

— Alban Ketelbuters
p. 176, « Le mythe de l’islamophobie »

« L’expression « les musulmans » assigne insensiblement les citoyens d’origine maghrébine ou africaine à une appartenance religieuse. Mais en confinant cette partie de la population dans une islamité supposée, ne compliquons-nous pas la tâche de celles et ceux, innombrables, qui tentent péniblement de s’affranchir des pressions religieuses de leur environnement immédiat, social ou familial ? »

— Alban Ketelbuters
p. 180, « Le mythe de l’islamophobie »

« Un régime démocratique ne peut pas à la fois garantir la liberté des cultes et empêcher la critique de ces mêmes cultes. Respecter les croyants est une chose, respecter les croyances en est une autre. Les tenants de la lutte contre l’islamophobie entendent précisément gommer cette frontière subtile permettant de distinguer les fidèles d’une part, et le dogme religieux d’autre part. Les querelles suscitées par la publication des caricatures de Mahomet en ont été une parfaite illustration.
Le visage contemporain de l’islam est suffisamment menaçant pour que la liberté de s’exprimer sur l’obscurantisme, l’intégrisme, le fanatisme et le terrorisme soit non seulement garantie mais protégée, sans que nul ne craigne de se voir menacé, pourchassé ou condamné au nom du combat fallacieux contre « l’islamophobie », celui-ci n’étant qu’une affabulation politique invoquée par les ennemis de la modernité. »

— Alban Ketelbuters
p. 180, « Le mythe de l’islamophobie »



* islamophobie (n. f.)

Ce terme étant hautement problématique, il faudrait éviter son usage pour les raisons suivantes :

« Nous refusons de renoncer à l’esprit critique par peur d’encourager l’« islamophobie », concept malheureux qui confond critique de l’islam en tant que religion et stigmatisation des croyants. »

— Manifeste des douze

[Ce point est en développement...]

Textes au sujet de l’« islamophobie »



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